Bonjour Monsieur!

huile sur toile (détail) - 2003

200x 120

Affiche Exposition T. Diers Affiche Exposition T. Diers

Les hommes creux

Publication : 30-01-2017

Vernissage le jeudi 27 avril, 18h

Exposition du 28 avril au 24 mai 2017, du lundi au vendredi de 14 à 18h.

Travaux d’étudiants de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (Psychologie du travail) intégrés à l’exposition

Salle d’exposition de l’Université Catholique de Lille, 60 boulevard Vauban – 59800 Lille

 

Journée d’étude

« Briser les solitudes au travail » , le vendredi 19 mai de 9h/17h

Intervenants: Pierre Giorgini (président-Recteur de l’université), Nicolas Ferrand, Yves Michaud, Malik Bozzo-Rey, Julio Guilllen, Valérie Poubelle, Laurent Falque, Catherine Demarey.

Programme: culture@univ-catholille.fr

 

Regards sur un monde

Les années offrent des souvenirs que l’on traduit avec le temps.

C’est en 1988 et pour sortir de l’isolement de l’atelier que j’ai mis en pratique le concept de « l’artiste entrepreneur » afin d’établir une relation étroite entre le monde de l’entreprise et la création contemporaine. J’ai monté la société Diers Espace Conception, mes clients furent des particuliers et des entreprises: BNP, Auchan, l’Espace Georges Bernanos, France Télécom, PSA, Automobiles Peugeot, Eutelsat, Vivendi, … Durant dix années, j’ai découvert la force de la création dans le management, le partage d’idées et de projets. J’y ai éprouvé des sensations proches de celles vécues lors de mes créations d’atelier, de belles expériences et de formidables réalisations. Ma position d’artiste m’offrait la liberté d’échanger avec les individus dans les strates des sociétés. J’ai pu y observer des univers qui ne sont pas des terrains de jeu, parfois des lieux de tensions partagées et ignorées.

Au printemps 2003, la visite d’une exposition m’a troublé. C’était un ensemble de toiles qui traitait de la violence en utilisant les artifices des médias, on y voyait la mort, le sexe et l’hémoglobine. Ma sensation face à cet ensemble était d’être devant un énième reportage télé offrant un ensemble d’images vulgaires et séduisantes qui comblaient une gesticulation vide de sens. De cette exposition je suis sorti abattu et ulcéré. De retour à l’atelier j’ai ouvert un livre et y ai trouvé par hasard une ancienne photo qui servait de marque page. C’était le tirage couleur d’un groupe de trois personnes sur un chantier à Tokyo dix ans auparavant et dont j’étais l’un des acteurs. Tout y paraissait calme et serein comme dans nos albums de famille ou photos de classe. Et pourtant, une tension extrême m’est revenue en mémoire, des souvenirs et des non-dits. La violence était traitée, sans effet, efficace ! Une image neutre traduite par les positions, la raideur des corps et les visages lisses. Le mystère et l’énergie de la création étaient là.

C’est en réaction à l’absurdité de l’exposition d’opérette et à la lecture de cette photo, que je me suis lancé dans une série de travaux sur papier, viendra ensuite un ensemble de toiles réalistes. Cet épisode s’est étalé sur 6 mois et a fait naître la série « The Hollow Men – Les Hommes Creux » qui occupe aujourd’hui une place à part dans mon travail. Elles parlent des rapports entre les hommes dans le monde du travail. Des souvenirs d’attitudes dont je fus témoin, des univers subtils, communs et destructeurs. Ces créations ont bousculé mes traductions picturales du moment et se sont imposées pour me faire découvrir de nouvelles pistes afin de parvenir à traduire justement et sans caricature le   malaises observés ou confiés au fil des rencontres et des projets. Un questionnement sur les rapports et sur la place de l’homme dans le monde du travail.

Les réactions de l’époque furent étonnantes, il y eut beaucoup de gêne, des sourires, des silences… et aussi des larmes. Aujourd’hui, elles sont nombreuses et l’actualité a rattrapé la série, on parle à présent plus librement de cette violence.

Les relations dans l’entreprise ne s’arrêtent pas à cette vision réductrice et sans issue qui véhicule des discours sans avenir. La solution dépend certainement de notre capacité à savoir écouter et échanger pour parvenir à créer des relations simples. Nous devons apprendre à accepter nos différences dans la pluralité de nos rôles, la diversité de nos pensées et sensibilités, non avec une vision de concurrence mais d’une ouverture comme une richesse et une chance qui nous permet de découvrir des espaces inexploités. Une utopie, non ! Une réponse à un mode de fonctionnement qui peut être assassin.

Thierry Diers

novembre 2016

 

 

  • Le conseiller

    Oil on canvas - 2003

    195 x 130 cm

  • DRH

    Oil on canvas - 2003

    97 x 130 cm

  • IL faut décider

    Oil on canvas - 2003

    146 x 114 cm

  • Dialogue

    Ink on paper - 2003

    63 x 50 cm